AQUA TOFFANA
Texte : Batlik
Musique/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Tu m’as bue tu t’es fait abuser
Par la bouche avalée
Le dedans je touche
Ta langue liqueur
Savoure l’erreur
Tapisse la longue
Descente et me couche
Au fond du fond
L’amère sensation
Laisse aller laisse aller comme ça
A quoi bon lutter contre ça

T’as trinqué t’es tricard
Ta santé s’est fait avoir
Madame a remporté la partie
Le jeu de la vie c’est fini
Tic tac trop tard
Le temps maintenant t’est compté
C’est l’heure de ton rencard
Avec l’éternité

Foie reins
Filtres assassins
M’immiscent et m’introduisent
Dans ton système sanguin
C’est ici chez moi
Tes veines m’ouvrent leurs bras
Crains cours crie pleure prie
Vas y maintenant c’est permis
Accepte l’abandon
L’intime conviction
Laisse aller laisse aller comme ça
A quoi bon lutter contre moi

T’as trinqué t’es tricard
Ta santé s’est fait avoir
Madame a remporté la partie
Le jeu de la vie c’est fini
Tic tac trop tard
Le temps maintenant t’est compté
C’est l’heure de ton rencard
Avec l’éternité

Lorsque les femmes vengeresses
Ripostaient sans même sourciller
Et privilégiaient mes caresses
Liquides pour aller liquider
Le libidineux mari
L’infidèle aux sens asservis
Le fils à sa maman chérie
Le père fouettard ou parti
Fini le règne du foutu coq
Farci fourré de la mort en cloque
Savourer son dernier soupir
Et juste avant de l’voir partir
L’humiliation d’un baiser sur le front
Laisse aller laisse aller comme ça
A quoi bon lutter contre l’Aqua Toffana

C’ETAIT PAS SIMPLE
Texte : Anastasia Rauch
Musique/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Cible que je tiens au bout du doigt
Je te crèverai le mille et te percerai le foie
Je suis prise dans la dérive
M’étouffe avec ma salive
Perds le nord et puis des fois
Pense à ce que je vais faire de toi

On pourrait tout tout oublier
Comme c’était simple à tes cotés
On avait tout dans les mains
On avait tous les atouts
On misait sûr et certain
Sur des rythmes à moitié fou

C’était pas simple non
Ce n’était pas simple,
Ce n’était pas un jeu
C’était sérieux

J’ai bu tout l’acétone, rempli mon verre de silicone
Dilue le fruit et distille la fleur
Imbibe la faute et enflamme la liqueur
Buvons à nos joies, oublions la scène
Onze ans déjà que nous partagions nos gènes

Qu’on pensait fantastique folle et amnésique
Tragiques déboires de l’amour que l’on deale
Tragiques aléas de la vie que l’on mène
Les morceaux de ma jeunesse ont laissé place
A des rodéos d’humeur où les mots riment âpres
Où les idéaux demeurent

Refrain

Quand je dors les gorgones dansent et leurs serpents s’agitent
Les anges pleurent et les démons m’habitent
Tu vois aujourd’hui je vomis tout, j’aiguise ma lame
Et déguise mes stratagèmes
Il te reste une oreille ta tise et ta main gauche
Pendant que tu sommeilles je me gave de débauche
J’enraye sur de faux rails, j’ai peur je pisse dans les poches
Tu as lâché ma main au dessus du vide

ON S’EVAPORE
Texte : Anastasia Rauch
Musique/Arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

On ne va pas dans le même sens
On a glissé de la balance

On ne pense pas, on ne voit pas
On parle pas pareil, tu ne dis rien
Ne sens rien, baise avec tes problèmes
On ne juge pas, on ne donne pas
Les mêmes conseils, tu ne fais rien
Ne prends rien, regarde ceux qui s’aiment

On s’élève on s’évapore
Evite les pièges allonge les heures
On s’étire on s’éternise
On disparaît sous la banquise
On capture le large dans ses rondeurs
Ecoute le grave en profondeur
On s’ignore on s’évanouit
On simule l’aube à midi

On s’attache à l’impossible
Absorbe l’absurde et l’indicible
On offre la rose avec l’épine
Marie les passions par la racine
Nous sommes l’un de l’autre
Apologie du face à face
Si près de là où est le nôtre
A contre sens dans une impasse
On s’appuie sur nous-même
Forme une paire dans la forme
Et balise le malaise en trafiquant la norme
On ne pense pas on ne voit pas
On ne parle pas pareil
Donne à l’amour comme à la haine
Le même poids en oxygène

Refrain

On ne distingue pas les mêmes distances
On a laissé aller la chance

On se dit nous, égal de deux extrêmes
Donne à l’amour, son poids en oxygène
On se ressemble, savoure ce que l’on sème
Nous sommes témoins, regarde ceux qui s’aiment

Refrain

AMAZONES
Textes : Batlik
Musiques/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Fallait nous voir suantes
En puanteur violentes
De la mère à la fille
Les cousines puis les tantes
Et plus rien à cacher ou concéder au vide
Mais juste le désir
D’aller prendre la place de celui qui décide
Et d’infliger bien pire
Conquérir l’opposé
Tomber dans l’inverse et
Devenir l’ennemi
Jusqu’à en oublier l’oubli

Amazing amazones

Fallait les voir souffrir
En sacrifice ou martyres
L’homme enfin démembré
Dans nos ventres digéré
Effacer à jamais toutes les différences
L’écart et le non-dit
Aller boucher les trous les remplir de sens
Commun sans l’interdit
Couper nos attributs
Nos mamelles superflues
Puisqu’il est question ici
De n’être plus que lui

Amazing Amazone

A vouloir faire comme eux
On se prend vite au jeu
De l’acte et du rempli
Le jeu du mâle heureux
A vouloir faire les ils
On se brule les ailes
A singer l’imbécile
On lui devient fidèle

CHASSE A L’HOMME
Texte : Alexis HK
Musiques/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Encore un soir où la lune pleine éclairait
Nos visages blafards au fin fond de la forêt
Nos treillis, nos casquettes paramilitaires
L’uniforme de l’homme qui n’a pas connu la guerre

Ces derniers temps on s’est décomplexés
Avec les camarades, on se sent plus libres d’exprimer
Toute la rancœur de nos cœurs mal élevés assiégés
Enferrés dans la peur par l’étranger

Alors la nuit on part à la chasse
C’est surtout l’occasion de se mettre
Une bonne race
Entre amis en parlant de nos femmes
Qu’on déteste et qui renient le héros
Qui parle dans nos têtes

Celui qu’on aurait pu être si et seulement si
La vie nous avait fait naitre un peu plus loin d’ici
Sauf qu’ici c’est chez nous et qu’a défaut d’y bien vivre
On va pas en plus se laisser envahir
En collectif, on vient réclamer notre dû
Un groupe de vauriens se sent plus fort qu’un simple résidu
Au début on se contentait des lapins
Mais l’un de nous a voulu pimenter notre quotidien

Encore un soir où la lune pleine éclairait
Nos visages blafards au fin fond de la forêt

Nul ne connaissait le nom de l’homme à qui l’on a dit :
« Si tu veux vivre cours, cours et cours vite l’ami ! »
On sait juste qu’il avait pas l’air très clair de peau
Et ça nous suffisait pour le confondre avec les animaux
D’autant qu’on était déjà vraiment bien cuits
Au Ricard pur, à la gnôle distillée par bibi
Dans le pick-up l’un de nous gueulait dans la cibi
L’autre tirait en l’air comme il avait vu faire dans les movies
Les phares blancs, aveuglants pourchassaient l’animal
Qui courait en beuglant comme un putois dans le noir total
Derrière lui le bruit et la terreur
De deux mille ans d’histoire
Et de connards remplis de fureur

Encore un soir où la lune pleine éclairait
Nos visages blafards au fin fond de la forêt

EN HAUT DE LA COLLINE
Texte : Lautrec
Musique/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

En haut de la colline
Reposent les colères
Et les rires et les rimes
Et les paroles en l’air
En haut de la colline
Le ciel et les enfers
Se mélangent à l’infime
Six pieds sous terre

Et la pluie tombe
Sur des rangées de tombes
Le ciel plombé
Semble épouser le monde
L’horizon s’estompe et
Se dilue dans les trombes
D’eau sale et salée

Il y a les espoirs d’ailleurs
Des malheureux d’hier,
Il y a tous leurs soirs,
Le cœur lourd
Comme les pierres
Il y a les fous
Et les couples adultères,
Il y a là tout l’amour
Et l’appétit des vers

Et la pluie tombe
Sur des rangées de tombes
Le ciel plombé
Semble épouser le monde
L’horizon s’estompe et
Se dilue dans les trombes
D’eau sale et salée

Le dos contre la pierre,
J’écoute la rumeur
Des locataires surpris
De ne plus avoir peur
En haut de la colline
Le ciel et les enfers
Se mélangent à l’infime
Six pieds sous terre

Et la pluie tombe
Sur des rangées de tombes
Le ciel plombé
Semble épouser le monde
L’horizon s’estompe et
Se dilue dans les trombes
D’eau sale et salée

LE FRACAS
Texte : Batlik
Musique/arrangement : Anastasia Rauch, James Sindatry

Je lisais de la poésie
Dans les nœuds du bois décrépi
Distinguais des silhouettes
Sous la poussière du lambris
Quand elle n’était pas là
Tant qu’elle n’y était pas

Je pouvais apprivoiser la foule des idées inquiètes
Et savais même imaginer
Quand elle n’était pas dans ma tête
Quand elle n‘était pas là
Tant qu’elle n’y était pas

Elle l’image figée là
Là où il n’y a plus rien d’autre
Que ça, l’idée fixée là
Au mur au milieu d’la figure

J’écoutais do ré mi fa
Et le bruit de mes pas sur le sol
L’écrin de la peau sous les draps
Les cris des gamins dans l’école
Quand elle n’était pas là
Tant qu’elle n’y était pas

J’entends tout ce qui ne s’entend pas
Le vide, le silence
L’ensemble, avant le fracas
Avant …

Elle l’image figée là
Là où il n’y a plus rien d’autre
Que ça, l’idée fixée là
Au mur au milieu d’la figure

J’étais douée de sentiments
Connaissais la peur et l’amour
Capable même par moment
D’apprécier le bordel autour

Je sentais le sucre et le sel
Savourais le tôt et le tard
Etais quelqu’un d’autre que celle
Qui m’observe dans le miroir
Elle l’image figée là

LA DISTANCE

Textes : Faudile de France
Musique/Arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Je n’arrive plus à me mentir
Pas d’âme pour mentir
Pas un moment
Pas d’âme d’âme
Je ne peux me détourner de toi
J’ai chaud j‘ai froid
Entre quatre yeux quatre murs
Des couples dansent

Je voudrais de la distance
De ci-de là, de-là de la distance
Redonner de l’importance aux choses qui en ont

Quand je danse être avec toi
Etre tout autour de toi
Tout moi tout toi
Tous les regards tournent
Tout autour de notre amour
Tour comme un vautour

Je voudrais de la distance
De ci-de là, de-là de la distance
Redonner de l’importance aux choses qui en ont

Dénouer les nœuds entre nous les noms
Déjouer avec la ruse du papillon
Ces jours qui se suivent qui s’en vont

Dénouer les nœuds entre nous les noms
Dénuder les fils des filets d’amour flou
Entre nous les jeux entre nous les deux
Dénouer les noms dénuer les nous
Dénouer le nœud entre nous des noms

Je voudrais de la distance
De ci-de là, de-là de la distance
Redonner de l’importance aux choses qui en ont

LES FEUILLES

Texte : Anastasia Rauch
Musique/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Le calme fait venir la tempête
On craint que le temps ne s’appuie sur nos têtes
L’ardoise grise épaissie la dette
Le tambour dort et n’annonce pas l’alerte

Quand les feuilles seront tombées
Les bambous feront des roseaux
Les orchidées auréolées
Les arômes embaumeront l’eau
Et quand les feuilles seront tombées

Quand l’aube fraîche adoube les aubades
Oblige l’aurore à se déboussoler
Quand l’heure passe épaissie les contrastes
Incite le jour à s’éparpiller

Le calme fait venir la tempête
On craint que le temps ne s’appuie sur nos têtes
L’ardoise grise épaissie la dette
Le tambour dort et n’annonce pas l’alerte

Quand les feuilles seront tombées
Les bambous feront des roseaux
Les orchidées auréolées
Les arômes embaumeront l’eau

EGO
Texte : Pierre Corneille, Anastasia Rauch
Musique/arrangements : Anastasia Rauch, James Sindatry

Il est si doux d’asservir tous vos soins
Mais qui se donne entier n’en exige pas moins
Un tyran déguisé qui s’attache à vos pas
Un dangereux Argus qui voit ce qui n’est pas

Sans cesse il importune, et sans cesse il assiège
Importun par devoir, fâcheux par privilège
Fier de vous servir jusqu’à vous en lasser
Mais au reste un peu tendre et facile à blesser

Je bride et j’égare mon ego
Dans un complexe mégalo

Le plus léger chagrin d’une humeur inégale
Le moindre égarement d’un mauvais intervalle
Un sourire par mégarde à ses yeux dérobé
Un coup d’œil par hasard sur un autre tombé

Sans réserve il se rend, sans réserve il se livre
Hors de votre présence il doute s’il peut vivre
Un esclave fier qui veut régler son maître
Un censeur complaisant qui cherche à trop connaître

Je bride et j’égare mon ego
Dans un complexe de mégalo

Tout cela fait pour lui de grands crimes d’état
Et plus l’amour est fort, plus il est délicat
Sa raison au dedans fait en vain justice
Sa raison au dehors respecte son caprice

Avez-vous vu comme il brise sa chaîne
Sitôt qu’auprès de vous quelque chose le gêne
La peur de sembler dupe aux yeux de quelques fous
Etouffe cette voix qui parle trop pour vous